Jean-Michel Othoniel,让.米歇尔.奥托尼耶, Les Belles Danses, Versailles, ouverture le 12 mai 2015

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En quête d’une « abstraction incarnée », qui lie la sensualité au spirituel, Jean-Michel Othoniel, après toutes ses recherches sur les perles, ses installations nombreuses comme celle devenue mythique du métro du Palais Royal, investit le Bosquet du Théâtre d’eau à Versailles. Il s’agit du premier artiste contemporain à créer une oeuvre pérenne à sur le sol de Louis XIV. Un poid aussi lourd que ses oeuvres sont légères et grâcieuses. Une aventure qui s’est déroulée à quatre mains avec le paysagiste Louis Benech. Pour « réenchanter le monde ». 

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Toutes les images ci-dessus, de haut en bas, Jean-Michel Othoniel, Louis Benech, vues des Belles Danses,

 courtesy Jean-François Gaté.

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Il est de certaines œuvres comme des femmes. Sensuelles et enivrantes. Merveilleuses et gracieuses. Inoubliables. De celles qui inondées de séduction vous emmènent sur d’autres rives. Encore, encore, toujours plus loin…  Tel apparaît le travail de Jean-Michel Othoniel. Nourri d’amour, entrelacé de désirs, gracié par l’émerveillement. Et si l’artiste dévoile surtout de la générosité et de l’humilité, on sent battre derrière sa fine carapace un cœur de 100 000 volts. Et de l’émotion pure. Brute. De celle qui vous laisse le regard brillant d’un enfant. Et c’est bien cela que cherche et touche Othoniel. Lui qui fut baigné dès la maternelle dans les collections du musée de Saint Etienne grâce à la volonté d’un maire communiste. C’est ainsi qu’il découvre les américains Robert Morris et Tony Cragg âgés d’à peine 25 ans ! C’est aussi  grâce à ses parents qu’il voit la première exposition du Centre Pompidou consacrée à Marcel Duchamp ! La porte est grande ouverte. Jean-Michel Othoniel, du haut de ses sept ans, s’y engouffre. « J’ai toujours vu le monde de l’art comme un monde de liberté totale. C’est le lieu que je visais. J’ai donc tout fait pour conquérir cet univers qui n’était pas le mien. En fait je suis heureux d’être là aujourd’hui car j’ai réalisé un rêve d’enfant. Dans ce sens, je me suis accompli ». Des rêves d’enfants comme des rêves d’amour infini,  des caresses comme des frôlements d’ailes de papillons, des baisers comme des milliers de découvertes. C’est ainsi qu’à quarante cinq ans, Othoniel offre ses « ready made » d’aujourd’hui féeriques et baroques, ses inouïs colliers de perles, ses derniers lassos et ses sculptures d’une simplicité de virtuose. Car ce chercheur d’art est un chercheur d’or, qui proposa au Cirva de Marseille de recréer de l’obsidienne de manière artificielle. Mais c’est en regardant travailler les maîtres verriers de Murano que ce magicien de la matière reste conquis. Le voilà qui, en 1993 délaisse « le verre des volcans pour le verre normal », dit-il. Naissent ses gigantesques mandorles languissantes qu’il accroche aux arbres, pose sur une fontaine, pend dans un escalier, pour finalement se lover en anneaux de Moebius , s’ériger en « Nœud de Janus ». Ici, Brancusi, Arp, Malevitch et « l’art américain sensible » des Bruce Nauman et Ellsworth Kelly se sont penchés sur son épaule. Présence absence. Féminin masculin. Othoniel aime jouer avec les complémentaires. La dualité. Le Yin et le Yang. Dans ses grands lacets bleus qui appellent la vague et le ressac, il laisse une place, un vide, un creux. Pour qui ? Pour quoi ? Pour se souvenir ou faire apparaître un corps. Un corps absent qui se love et appelle l’intime. Dans la puissance, l’immense subtilité. Dans la violence, l’infime délicatesse. Et c’est cet état qui l’habite et qu’il livre dans les salles de la galerie Emmanuel Perrotin ou du musée Granet. « C’était l’occasion d’affirmer cette fragilité que j’ai toujours dévoilé dans mon travail et de montrer des œuvres en devenir ». Son désir ? « Mettre en place une abstraction. J’aimerai que le visiteur soit porté par le sens, presque érotique, et à la fois porté par le sens, spirituel ». Une « abstraction incarnée », poursuit-il encore. Pour toujours mieux frôler le divin et le sacré. Anne Kerner.

Version chinoise, ouvretesyeux

浓烈的女性气息--感性,优雅,美妙迷人令人陶醉,以至于让观赏者流连忘返,欲罢不能…这就是法国当今最具代表性的艺术家让.米歇尔.奥托尼耶的作品。    他把爱情,欲望与优雅令人惊叹的交织在作品里,令观赏者沉醉不已。

七岁的一天,让.米歇尔跟着父母去巴黎的蓬皮杜中心观赏画展。当杜尚的画作展现在他眼前,似触了电,他如痴如醉。且不可思议地,就在那个当下,他立志要做一个杰出的艺术家。“艺术家的世界如此令人神往,那里有完全的自由,让我着迷,想投身其中。”  “从那以后,我执于此念,倾注热情,不懈努力,即使失败,即使挫折。多年后,天道酬勤,终于化茧成蝶。让自己成为被认可的艺术家。故而,今天我可以说,我是快乐,幸福且满足的。因为,我真的实现了童年的梦想。”

多么诗情画意的,那童年的梦想,一如芬芳的花香牵引着迷醉的蝴蝶奋力的扑打双翅无旁骛的奔向香蜜之地……   而今,才华横溢的让.米歇尔已然是一位享誉世界的画家,雕塑家及电影导演。他的艺术光华,任谁也不能漠视!

45岁时,他已向世人呈现了一批批令人叹为观止的,巴洛克式的,带着梦幻色彩的艺术品:流光溢彩的,夸张的项链,简单却精细的雕塑,展现现实想像,象征三度空间的《套索淡蓝》,透明玻璃珠串联的《拉钢结》。  他尤其以迷惑人的玻璃器物雕刻及装置艺术著名。多元性的物体,雕刻成为大串的珠宝项链,珠帘,建筑等。充满超现实意境的物体安置在玻璃橱柜中,再透过下面镜子解释隐藏的真相及美感。

在创作中,艺术家经常跨领域的与专家们合作,他喜欢实验不同素材的创作原料,宛若一位炼金术者。一次,在意大利的探寻途中,他意外的发现了火山爆发后留下的黑曜石,一种制作天然黑玻璃的原料,从而让他对玻璃艺术萌生了很大兴趣。“玻璃看起来很坚硬,其实却非常脆弱”  。得益于马赛国际Cirva玻璃实验中心工业研究处的帮助,让.米歇尔以这种素材创作了一件作品,形状让人联想到意大利的活火山。1993年,让.米歇尔,到威尼斯参观Murano玻璃工作坊,与名玻璃技师会面,观看技师们如魔术师般把玻璃由液体魔幻似地转换成千姿百态的,五彩斑斓的固体。不久后,他也开始组合建构透明,彩绘的玻璃珠,以大玻璃珠编串成巨大的珠宝悬挂在户外的树上纳入自然环境中,在青翠葱绿的的丛叶间发出璀璨的光芒。之后,他又与Murano玻璃工作坊合作,将造型艺术的行为委托给有精湛技艺的玻璃技师,开创出一种不同凡响的雕刻装置艺术。如充满想象力的系列悬挂作品:将男性性器交融在美仑美奂的植物之间的《The Rosary》……

让.米歇尔不断的迎接创作的新挑战。在创作中,他玩味着互补及完整:雕刻与物体,珠宝与建筑,诗意与寓意,梦幻与想象,阴与阳,男与女。而所有这些作品既抽象却又用物体呈现出一种不可思议的物理性的诗意。

奥托尼耶对自己的作品并不热心详尽地解释,觉得人们会对他的作品有各自的解读。例如一系列其中八件以项链及钮结造型为主题的作品,最巨型长达四米,以悬空方式展示,到不同国家及地区展出,各地观者都因各自的文化、背景与个性,有不同的看法。“这些是我较新的作品,我喜欢它们引发出无穷激情与动力,到过不少地方巡展,观众都很喜欢,他们以自己的文化去阅读我的作品。”

 

(Images des oeuvres de Jean-Michel Othoniel à la galerie Perrotin, ouvretesyeux)

Rencontre avec Jean-Michel Othoniel dans son atelier le 26/05/11.

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Anne Kerner pour ouvretesyeux  : Votre première rétrospective vient de se terminer à Paris pour parcourir le monde…

Jean-Michel Othoniel : Effectivement, cette exposition part en Corée en bateau puis peut-être  au Japon et finit au Brooklyn Museum de New York où vont être rassemblées, en plus de la rétrospective, certaines œuvres qui sont dans les collections américaines puisque l’espace y est beaucoup plus grand.

A.K. : Que représente cette rétrospective pour vous ?

J-M. O. : L’idée est un exercice imposé par Beaubourg : faire une rétrospective pour les artistes en milieu de carrière. Cela m’a permis de réaliser un bilan et de voir, à travers toutes ces années, quelles ont été les œuvres clés, charnières, celles qui ont annoncé les travaux futurs. J’ai pu       aussi voir tous les renoncements, toutes les sublimations du travail, là où j’ai porté l’oeuvre à son maximum.

A.K. : Y montrez-vous des œuvres « phares » ?

J-M. O. : Dans une rétrospective sur 25 ans de carrière, il y a forcément beaucoup d’œuvres marquantes. Dans l’exposition, nous avons choisi dans chaque salle, trois ou quatre œuvres symboliques de chaque période pour pouvoir donner une sorte de panorama, et en même temps recréer une ambiance de façon a ce que cela ne soit pas une rétrospective exhaustive. C’est à chaque fois, un choix d’œuvres qui ont fait sens dans une période donnée.

A.K. : Vous avez commencé par Les Insuccès photographiques ?

J-M. O. : En effet, dans mes premières œuvres Les Insuccès photographiques, il y a l’idée de travailler sur l’image ratée, sur  la chose que l’on ne regarde pas, l’idée de récolter des objets. Cette idée de l’absence, de la chose abandonnée, est aussi très présente dans ces premières œuvres appartenant aux collections du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.

Ensuite, débute la période sur le soufre avec des œuvres qui jouent avec les différents homonymes et les sens du mot soufre : souffrance, souffrir, sulfureux, souffreteux,  suivi de toutes le expérimentations  sur le matériau qui passe du solide au  liquide pour redevenir solide. Ce travail a duré dix ans, de 1987 à 1997. Les œuvres, peut-être les plus importantes de cette période, sont celles montrées à la Documenta de Kassel en 1992.  Elles jouent sur une partie visible de la sculpture et une partie cachée qu’on aperçoit à travers le miroir placé en dessous de l’oeuvre et montrant sa part d’ombre. Ce sont les premières œuvres qui m’ont fait connaître du grand public… Elles avaient en elles mêmes ce coté double, très beaux, lumineux, en même temps sombre et obscur.

A.K. : Cette « bipolarité » apparaît essentielle dans votre œuvre ?

J-M. O. : Ce coté double participe de l’idée de réenchantement du monde qui est aujourd’hui le terrain sur lequel je suis. Je pense que l’on peut accepter cette idée de réenchantement que si l’on en accepte sa part d’ombre. D’où mon goût de la métaphore et du conte apparue à travers l’œuvre Le Petit Théâtre de Peau d’Âne. Là aussi, coexistent une partie sombre et une partie joyeuse. Cela entraîne vers un merveilleux qui  n’est pas mièvre mais porteur de ses mystères et de ses obsessions. Ce n’est pas un merveilleux poli et lisse mais plutôt inquiétant.

A.K. : Vous désirez aussi aller dans votre oeuvre vers l’abstraction…

J-M. O. : Oui, les œuvres sont de plus en plus abstraites et architecturales. Il faut que le corps du spectateur soit enveloppé dans la sculpture. Nous ne sommes plus face à une « œuvre objet » mais à une « œuvre environnement » comme dans celle présentée à l’exposition « Paris-Delhi-Bombay ». C’est un travail  très complexe où j’ai collaboré avec l’IRCAM et le CIRVA à Marseille. Nous avons crée une « œuvre instrument de musique ». Un compositeur a réalisé une partition jouée par des musiciens et cette performance a été filmée. Nous avons ensuite rendu le son en quadriphonie dans l’espace pour que le visiteur soit entouré par une des compositions que génère cette sculpture.

A.K. : Quelles sensations voulez vous donner au spectateur ?

J-M. O. : Mes œuvres sont, depuis le début, toujours ouvertes. Elles n’ont pas un message direct. C’est même quelque chose contre lequel je lutte. Je veux que le spectateur puisse l’investir de sa propre histoire. C’est une œuvre qui ne s’impose pas. Je n’ai pas un discours offensif. Il n’y a pas de message imposé. Il y a par contre des désirs d’enchantement, d’émerveillement, de poésie. J’aimerai que les gens aient envie de porter ces désirs et de les faire vivre. J’aime que chacun s’approprie  mon œuvre.

A.K. : Est-ce que vous vous sentez proche d’autres artistes ?

J-M. O. : Il y a Felix Gonzalez Torres car il a réinvesti les formes de l’art minimal d’une façon sensible. Il parle de sa maladie et de sa mort de manière poétique. C’est un artiste incontournable des années 90. Jouant des formes minimales, il a également remis en avant la beauté et la séduction. Il a toujours été étudié comme quelqu’un de radical mais j’y vois des pièges à rêves, de très beaux matériaux et une entreprise de séduction, ce qui est aussi très présent dans mon travail.

A.K. : Quelle est l’importance du dessin dans votre travail ?

J-M. O. : Le dessin c’est la naissance de l’œuvre. Mes œuvres n’existent pas sans leurs dessins. Le dessin est une pratique quotidienne comme un journal où j’exprime toute ma création personnelle et intime. C’est ce que j’ai gardé de mon travail solitaire lorsque je faisais moi-même des petits objets, lorsque je manipulais la cire, le soufre. Avec mes œuvres sur le verre, les performances, la collaboration avec les brodeuses, le travail s’est un peu scindé, j’ai commencé à travailler à plusieurs. La mise en forme de l’œuvre passe par le dessin. L’aquarelle évoque le verre, on y voit la même lumière, la même sensualité.

Sans dessin, il n’y a pas d’œuvre, toutes les œuvres ont été dessinées auparavant. Pendant des années je ne les ai jamais montrés. Ils étaient dans des cartons. Je les considérais comme des dessins techniques, des idées posées sur le papier. Je les ai dévoilé pour la première fois à la Fondation Cartier où Hervé Chandès les a vu. Il a désiré les montrer. J’hésitais car je les trouvais maladroits, enfantins. Et puis j’ai exposé une toute petite série et les gens les ont trouvé très beaux. Ensuite, j’ai réalisé une grande exposition de dessins à la galerie Emmanuel Perrotin. Et pour accepter de m’en séparer, Emmanuel Perrotin a publié un livre avec les dessins et le texte de Christine Angot. C’est un livre que je garde avec moi. C’est une trace. J’ai besoin de le manipuler, d’en reprendre les idées. Il est comme une mémoire. J’ai besoin de ce retour au papier.

A.K. : Le papier apparaît essentiel donc…

J-M. O. : Le papier est indispensable car mon imaginaire ne s’est pas construit avec l’ordinateur. Je suis d’une génération où l’image virtuelle n’avait pas de prise sur mon imaginaire. Donc j’ai besoin pour me projeter de poser mes idées sur le papier et de les voir par le dessin.

A.K. : Et le livre de « Pop up » ?

J-M. O. : Ce livre a pour idée de passer du dessin à la maquette et de mettre le dessin en volume. C’est pour cela qu’il n’y a pas de texte. Les dessins sont livrés à la rêverie…. Ce sont des projets de sculptures dont certaines sont réalisées et d’autres non. Peut-être aussi que certains le seront par la suite…

A.K. : Le dessin est donc une véritable passion ?

J-M. O. : J’ai crée une sorte de studiolo de 6m2 dans lequel je me retrouve pour dessiner. Il s’agit d’une sorte de bulle. J’ai besoin d’un espace comme cela avec de l’aquarelle, des couleurs. Un espace, un univers dédié au dessin. C’est le premier souffle de l’œuvre qui passe par là et je sais que si je me retrouve demain dans une situation de devoir tout abandonner, je ne serai frustré de rien car j’aurai encore le dessin. Par rapport à ma création, c’est ce qui me fait tenir. Car je sais que je peux, avec très peu de moyens, me projeter et crée un imaginaire qui se réalisera un jour… Tous mes dessins sont comme roulés dans une bouteille de verre et jetés à la mer.

Version chinoise de l’interview de Jean-Michel Othoniel

安妮.珂娜:您在巴黎刚结束的展览,是您回顾展全球巡展的首站?

让.米歇尔.奥托尼耶:正是如此。现在作品已在运往南韩的途中,在南韩的展览结束后,会前往日本,之后,这批作品再加上我的其他的一些作品会在纽约的布鲁克林博物馆汇总一起展出。因为,此博物馆展厅面积很大。

安妮.珂娜:这次回顾展对您意味着什么?

让.米歇尔.奥托尼耶:对我非常重要。这是一种梳理,也是一种展望。既可以更冷静,客观的回望总结以往创作中的足与不足,明白哪些手法应该扬弃,且思考怎样精进。同时可对未来做更好的计划。 而且,还有些特别的感受在里面:就似一次时光穿越,我恍若跟着这些作品,回到了已远去了的那一段段的岁月。

安妮.珂娜:这些回顾展里有您最引以为豪的作品吗?

让.米歇尔.奥托尼耶:那当然。作为二十五年职业生涯的回顾展,我肯定会展出一些我自己特别满意,且能令观赏者印象深刻的作品。展览中,在每一个展厅都会有三到四幅有代表性,具有象征意义的各个创作时期的作品。且我们努力为观者营建一种特别的氛围,希望他们会随着不同的作品,感受到那一段段不同的时期。

安妮.珂娜:您初期的一些摄影作品并不成功?

让.米歇尔.奥托尼耶:对。我的职业生涯并不平坦。我经历了很长的一段低迷期。早年的一些作品是不尽如人意的。作品总也展现不出我想表达的创意与思想。这些失败的,不足为人道的作品,现在全被收集在巴黎的现代艺术博物馆。       事实上,属于我的美好时光开启于我开始用’硫磺’这种材质做艺术创作的那段时期。’硫磺’  一词在法文里有一组同音异意的词,如受苦,遭受等等 ,也恰巧印映了我当时的状态与感受。  在用’硫磺’创作时,每当我把它由固体转化成液体再重塑成固体时,我似乎也一块儿感同身受着这种--破我-再重塑的过程,我甚至可以说,从中我体悟了人生。我用此材料创作大约十年时间。此间,最重要的作品应是1992年在 La Documenta De Kassel展出的那一组。那是一组半明半暗的充满超现实意境的雕塑品,我们把它安置在玻璃橱柜中,借助光影,透过下面的镜子解释隐藏的真相及美感。同一件作品呈现出截然不同的两面:一面美丽且明亮,而另一面却是抽象而阴暗。

安妮.珂娜:这种’两面’ 与’双重’的艺术表述手法,在您的作品中是举足轻重的?

让.米歇尔.奥托尼耶:如今,在我所在的领域,两面,双重与多方位的视角去观察,思考及诠释与表述是迷人,必要且几乎如形,影不可分的。 在Le Petit Théàtre de Peau D’Ane 展出的作品里,我向观者呈现了我的童话,梦幻世界。那些作品也是阴暗与喜乐并存。观后的感受应是奥秘,精妙亦美好的融合。而那份美却不是因着作品被打磨得多么光滑,而是那份留给观者的遐思。

安妮.珂娜:您的作品更偏于抽象…

让.米歇尔.奥托尼耶:对,我的作品偏于抽象,且越来越抽象,有些作品似建筑结构。观者在观赏作品时身体好似被包裹,环绕在雕塑里。展览时,我们呈现的作品常常不仅是一个’物件’    但却是一整个’场境’   。正如这次展出的’巴黎-德里-孟买’      这件繁复,耗时,耗力的作品,我请了马赛的IRCAM和CIRVA合作。我们创制了一件乐器,一个作曲家专门为它谱了一首曲子,然后,请了一位音乐家前来演奏。我们还专门为这次表演摄了像,后来把音乐用四声道投放在展览区,让所有观者不仅用眼观看作品,也能用耳听作品,且似乎被整件作品怀抱着,萦绕着……

安妮.珂娜: 您想给观者怎样的感受?

让.米歇尔.奥托尼耶:我的作品从最初到现在一直是开放的。它们并没有一个很直接的信息要表达或倾诉。正相反,我是一个反对把艺术家的主观思想强加给受众的创作者。我希望观者能投射进自己的故事,用自己的文化,自己的思想作独特的诠释。

安妮.珂娜:您是否感觉与别的艺术家相近?

让.米歇尔.奥托尼耶:菲尼克斯.刚萨克斯.托雷斯,他是一位极敏感,细腻的极简派艺术家。用诗样的创作手法,讲述他的病痛,死亡,是九十年代最重要的艺术家之一。他的艺术语言简约,且强调美丽与吸引力。他一直被认为是激进艺术家但我却不认同这种观点,我认为这是他用诗一般的物件构建的形式陷阱。而我的作品里也有显而易见的同种风格。

安妮.珂娜:在创作前的绘图对您是否很重要?

让.米歇尔.奥托尼耶:很重要。绘图是我创作的第一步。是我每天必做,如日记一样。我在上面描绘我的点子,我的创意。我通常独自工作,用蜡,硫磺,制作艺术品。我的作品有玻璃品,刺绣等等各种看似不搭界的物品…但无论我最后用什么材质来制作何种形状的作品,第一步必定是绘画……

若是没有先绘出图画,就没有我后期的艺术品。所有我制作的艺术品,都是先画图。只是我以前从来没有展示过。它们全被我压在箱子里,我把它们当做设计图,会意图。在卡地亚基金会我第一次把它们透露给了Hervé Chandès ,之后,他说服我把它们展览出来,我犹豫不决,因为我认为这些图画太幼稚,笨拙。后来,我同意展出一小册,出乎意料,人们很喜欢。那之后,在Emmanuel Perrotin 画廊,我把画作做了一次大型画展。而Emmanuel Perrotin邀请Christine Angot 给这些绘画配上文字,然后把它们集结成册出版发行。这本书我一直带在身边。它虽已属于过往,但我仍时时翻阅,有时它会给我一些新的点子。

安妮.珂娜:这样看来,纸张于您是非常重要的?

让.米歇尔.奥托尼耶:对,纸张对我是不可或缺的。因为我不是用电脑来绘制,纪录我的想象,我的创意的一代。我属于需要用纸张来作载体记录思想,描绘创意的一代。

安妮.珂娜:请谈谈您的书《Pop up》。

让.米歇尔.奥托尼耶:这本书主要是把最初的画稿变成一幅幅图画,它主要是想体现图画的价值,故而整本书没有一个文字。图画承载着无尽的遐想…其中,后来变成了一尊尊的雕塑,而另一些没有,也许晚点…

安妮.珂娜:画画是您的激情所在?

让.米歇尔.奥托尼耶:我为自己设计了一间6平方米的工作室,在那儿,全是我的绘画册。这是一个属于我的’泡泡屋’。我需要一个这样的空间,那里有水彩,,颜料,一片仅属于绘画的天地。有了这个小世界,我就不怕任何变故,挫折。就算某天一无所有,有了我的绘画天地,我的这个’泡泡屋’,我就可又卷土重来……

Jean-Michel Othoniel, musée Granet, place Saint Jean de Malte, 13100. Aix en Provence. Du 05/12/13 au 26/02/14. 

 

Jean-Michel Othoniel est représenté par la galerie Emmanuel Perrotin à Paris. www.perrotin.com. Nous remerçions vivement Jean-Michel Othoniel.

 
« Des Fleurs en hiver », Delacroix – Othoniel -Creten, Musée Delacroix, Place Furstemberg, 75006 Paris. Du 12/12/12 au 18/03/13.
« Jean-Michel Othoniel », galerie Emmanuel Perrotin,  76, rue de Turenne, Jusqu’au 23/02/13.
 A lire : « Un cœur abstrait, Jean-Michel Othoniel », texte Christine Angot, éditions Actes Sud.
 
(Images, avec l’aimable autorisation de l’artiste, Christine Barbe pour Ouvretesyeux, dans l’atelier avec Jean-Michel Othoniel).
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