Nicolas Pincemin, Galerie Béa-Ba, Marseille, du 13.10 au 26.11.2016.

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« La tentation de l’artifice ou la peinture en question.
Nicolas Pincemin. Cabane 2016, Huile et sérigraphie sur papier contrecollé, 47 x 62 cm. Courtesy galerie Béa-Ba.

Nicolas Pincemin. Cabane 2016, Huile et sérigraphie sur papier contrecollé, 47 x 62 cm. Courtesy galerie Béa-Ba.

Nicolas Pincemin. 2016, Huile et sérigraphie sur papier contrecollé, Courtesy galerie Béa-Ba.

Nicolas Pincemin. 2016, Huile et sérigraphie sur papier contrecollé, Courtesy galerie Béa-Ba.

Nicolas Picemin, Chemin 2016, Huile sur toile, 100 x 100 cm, courtesy galerie Béa-Ba.

Nicolas Picemin, Chemin 2016, Huile sur toile, 100 x 100 cm, courtesy galerie Béa-Ba.

L’artifice est ici une suite d’acrobaties visuelles faite d’écarts et d’astuces de peintre. L’illusion agit aussi bien sous l’effet d’un arbre surgissant que dans l’apparition d’un objet faussement géométrique. La toile devient une sorte de théâtre d’ombres mouvantes où le motif sérigraphié, redoublant le trompe-l’œil, mettrait la peinture à découvert.
Le jeu de plans en cascade m’assure avec soulagement que la toile possède bien une troisième dimension. Au détour d’une rêverie hypnagogique, dans cet état propice et intermédiaire, je cède alors volontiers à la tentation d’une peinture offrant le spectacle de son propre simulacre. » Nicolas Pincemin

Critique

« Les compositions trahissent, déjouent les lois de la nature et dévoilent ce qui relève de l’impression. Contours en déséquilibre, enveloppes infidèles, perspectives tronquées et points de vue chimériques… la lumière se pixellise et la matière s’huile et se tâche, les espaces se morcèlent et le regard se trompe. Ce qui se trame sous la facture nous fait face : une «image en voie de visibilité»(1).
Nicolas Pincemin décline ainsi un vocabulaire d’accrocs dans l’image rendant compte d’atmosphères visuelles : zones focus, copiés-collés ou coulées défendues, calques négatifs et impressions jet d’encre, maquillages virtuels, collages mentaux et repentirs… Autant d’échappées tenaces, d’«efficacités sombres» qui viennent «creuser le visible et meurtrir le lisible» (2).
Par le truchement des opérations plastiques, la diégèse se déplace, les sites capturés forment ici les pans d’un décor fabulé. En creux, l’élément fictionnel accroche le regard frustré : soucoupes, ellipses, miradors, pylônes, halos ou avions de chasse… autant de mirages après la bataille, autant d’objets à l’être-là non- identifié. Autant de visions tour à tour psychédéliques ou apocalyptiques, relatant d’expériences vécues, de pays parcourus, d’instants de fuite où l’incertain engage le fantastique. » (1 et 2 : Georges Didi-Huberman, Devant l’image.) Leïla Quillacq, Extrait de « Paysages déteints », in Nicolas Pincemin, Monographie, éditions Sextant et plus, 2011.

Galerie Béa-Ba, 122 rue Sainte, 13007 Marseille. Tél. : 06 63 95 28 51 / 09 67 25 68 89.

Du 13.10 au 26.11.2016.

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