Boris Gayrard et Marie-Laure Viebel, Paris, galerie Reinold, du 13/11 au 15/02/14

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La confrontation avec le réel et cette nature tumultueuse, imprévisible, tellement imprévisible au-delà des remous de l’air, de la terre et de la mer. Et au-delà de l’attente, enfin le moment, la grâce, le déchirement de l’œil d’un miracle silencieux dans un moment d’éternité. L’accomplissement de l’œuvre de Boris Gayrard. 

 

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Sous la monumentalité, l’extrême fragilité. Derrière l’immensité, l’infini du détail. L’obscurité de l’Etna face au Groenland immaculé. Lorsque Boris Gayrard photographie un paysage, il happe sa beauté. Et toute son œuvre livre cet éblouissement du regard face à la nature. Une nature presque divine, inaccessible, impénétrable. Mais une nature toujours dans l’instable, la fluctuance, le précaire. Et c’est ce secret du tremblement du monde qu’il cherche, découvre et dévoile. Son mystère qu’il attend. Avec patience et détermination. Toujours à l’affût du moment sublime, de la lumière désirée, de l’atmosphère espérée. Le paysage apparaît au commencement. Comme une ultime naissance avant l’évanouissement. Chaque seconde change, chaque seconde bouge, chaque seconde s’ouvre en son milieu pour un dernier sursaut. Une dernière étreinte avant la douce défaite dans le bruissement de l’eau. Ici, blancheur d’un territoire extrême, succédant au chaos des glaces, leur dérive, la trace des chiens et le rouge du sang dans le bleu du pôle. Tout, tout, tout si proche de la déflagration. De la chute. De la noyade. Ailleurs, noirceur d’un autre territoire extrême, dans l’innommable beauté du ciel, celle  de la nuit volcanique qui à tout moment crache son sang bouillonnant de terre et d’or. Partout Boris Gayrard joue la partition de la lumière et de l’ombre, de l’illumination et de l’obscurcissement. Il sculpte et peint à la fois. Incroyable œuvre d’une rigueur à couper le souffle. D’un travail longtemps préparé, dessiné, de lieux choisis, d’images rêvées. Viens le voyage. Enfin. La confrontation avec le réel et cette nature tumultueuse, imprévisible, tellement imprévisible au-delà des remous de l’air, de la terre et de la mer. Et au-delà de l’attente, enfin le moment, la grâce, le déchirement de l’œil d’un miracle silencieux dans un moment d’éternité. L’accomplissement de l’œuvre de Boris Gayrard. Anne Kerner

Boris Gayrard, Marie-Laure Viébel, galerie Reinold, 233, rue du Faubourg ST Honoré, 75008 Paris.

(Photographies Boris Gayrard, copyright de l’artiste)

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