Rachel Labastie, RACHEL LABASTIE, Sans feu ni lieu, Eleven Steens, Bruxelles, Du 24 avril au 10 juillet 2019

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Rachel Labastie, RACHEL LABASTIE, Sans feu ni lieu, Eleven Steens, Bruxelles, Du 24 avril au 10 juillet 2019

Rachel Labastie crée une oeuvre venue de la nuit des temps. Avec ses mains, l’artiste donne une nouvelle vie aux matériaux que sont la porcelaine, la céramique, l’argile, le marbre ou le verre. Et livre des installations de l’ordre du  sacré. 

Elle a les yeux, les cheveux noirs. Elle pourrait être l’héroïne d’un roman de Marguerite Duras. La douceur de la voix de Rachel Labastie déchire l’âme lorsqu’elle parle de ses oeuvres. Parcours, arrêt, contemplation. Et le regard et le corps du visiteur d’être déstabilisés par tellement, oui tellement de forces pour réussir l’exploit d’une délicatesse, d’une tendresse, voire d’une détresse absolue. Suspendus à un clou, de gigantesques Entraves de porcelaine blanche caressent les murs comme un collier de pétales monumentaux et subtils acceptés par un frêle cou consentent. « Peut-être s’agit-il de ces entraves les moins visibles que nous portons pourtant tous, celles de nos « prisons » intérieures ? » , se demande l’artiste lors d’un entretien avec Caroline Engel. Ni cri, ni hurlement. Seule une attache sensuelle et affolante. Une vision.

Elle a des flammes dans les yeux. Les cheveux noirs et épais de ses ancêtres yeniches tombent sur ses épaules. Salopette en jean et chemise à carreaux, Rachel Labastie dirige le visiteur dans une atmosphère métaphysique et initiatrice. Elle nomme ses oeuvres. Calice. Retable. Foyer. Territoire. Enlisement, « La belle échappée »… résonnent dans l’espace et claquent en tombant sur le sol. Des titres qui énoncent l’Homme disent tout dans leur simplicité. Des installations qui expriment le Sacré offrent tout au regard. Pourtant, encore au delà « De l’apparence des choses », la jeune femme remonte aux origines. Revenir à soi ou bien revenir au monde, « au monde-soi » et donner à voir. Pour retrouver « des tensions entre les individus, des individus et l’espace, entre les peuples et les territoires », confie l’artiste.

Voici deux mains en verre ou en marbre tendues par des sangles qui n’en peuvent plus de se tenir entre tant de puissance et de légèreté dans le vide. Sur un socle des doigts en terre s’entrelacent. Au sol, un foyer en céramique expose en son centre des ossements. Sur le papier, un cercle composé de cendres résiduelles dévoile une « cuisson primitive ». Au mur, des haches restent prises dans leur mouvement. Ici ça coupe et ça tranche. Ça fait mal. Le corps brûle et l’esprit se trouble. Emotion et panique. Le visiteur perd pied. Car partout la douleur convoque l’ardeur de la prière et demande l’apaisement. Rachel Labastie « ne nous révèle pas les « choses » qui lui sont « arrivées »  mais nous parle de leur perception », écrit Barbara Polla, « de celles qui sont arrivées jusqu’à elle, traversant le passé depuis la nuit des temps… « . Sa voix résonne encore dans tout le corps lorsqu’elle chante en marchant lentement et casse le sol de feuilles d’argile cuite. Sa voix, ses mains, son corps transmettent le désir de liberté de chaque être humain. Son oeuvre est essentielle. Nécessaire. Rachel Labastie a les yeux, les cheveux noirs. Anne Kerner.

 

 

Rachel Labastie est née en 1978 à Bayonne, France. Elle vit et travaille entre Bruxelles et Madrid. Diplômée de l’Ecole des Beaux-Arts de Lyon en 2003. Manipulant les paradoxes, jouant sur l’ambiguïté de formes à la fois séduisantes et dérangeantes, Rachel Labastie pose un regard critique sur les modes d’aliénation physique et mentale produits par une société toujours plus encline à contrôler les corps et les esprits. Dans un permanent jeu de forces contraires, elle nous invite à voir au-delà de l’apparence des choses. Rachel Labastie poursuit depuis 2008 une série d’exposition personnelles « De l’apparence des choses ». Elle participe également à des expositions collectives : En 2015, Ceramix – Ceramic art from Gauguin to Schütte au Bonnefantenmuseum (Maastricht, Pays bas) puis en 2016 à la Maison rouge à Paris, en 2013, La révolte et l’ennui, FRAC auvergne, en 2011 Céramiques d’artistes depuis Picasso / Espace Doual ’art / Douala, Cameroun et en 2010 Circuit céramique, Musée des arts décoratifs de la ville de Paris.

Expositions personnelles : 

Du 24 avril au 10 juillet 2019 – Rachel Labastie, Sans feu ni lieu, ELEVEN STEENS, Bruxelles, Belgique

Du 18 mai au 18 juin – Rachel Labastie, L’envolée, SUNSET, Besançon, France

Du 29 juin au 29 septembre 2019 – Rachel Labastie à La Petite Escalère, (jardin créé dans les années 1970 par le marchand d’art et collectionneur français Paul Haim). St Martin de Gosse – France

Liens :

https://www.arte.tv/en/videos/057123-016-A/atelier-a-rachel-labastie/

Commander catalogue : http://lamuette.be/fr/books/des-forces/407/

Au centre d’art le Parvis : https://youtu.be/MayK39RaE-Y

RACHEL LABASTIE, SANS FEU NI LIEU, ELEVEN STEENS, BRUXELLES, BELGIQUE DU 24 AVRIL AU 10 JUILLET 2019