Décomposition, foudre, radioactivité, autant de zones de transition capables d’ouvrir nos émotions les plus complexes. Son vocabulaire naît de techniques artisanales et de matières instables : sève de pin, colle d’os, cire d’abeille, goudron de bouleau. Elle moule le vivant, assemble, modèle entre bois, métal et céramique : une ambiguïté volontaire persiste, comme une question laissée en suspens. Formée et nourrie par des rencontres, notamment avec Anna Hulacová, Laure Prouvost, Frederik Exner et Antoine Liebeart, elle développe aussi ses pratiques au fil de résidences : au studio Ernan à Albissola Superiore (ancien studio de Lucio Fontana) en 2022 et 2025, puis à la Villa Belleville en 2026. Elle a obtenu un master à l’École Duperré en 2023 et a présenté son travail dans des institutions telles que la Ménagerie de Verre, l’Institut suédois, et le Musée de la Chasse et de la Nature. Ses sculptures, composées comme des mécanismes, empruntent au théâtre de marionnettes autant qu’au stop motion : des corps en latence, prêts à ne pas s’activer, mais à contrarier leur propre immobilité. Poésie, fanzines et récits circulent aussi avec elle, jusqu’aux collections du Zentralinstitut für Kunstgeschichte à Munich, tandis qu’elle appartient au collectif Royal Book Lodge.