Le très chic quartier Matignon Saint-Honoré s’offre une nuit de liberté. Et Paris adore ça.
Pour sa troisième édition, MaSH donne le coup d’envoi de la Paris Art Week et transforme ce haut lieu du marché de l’art en une immense galerie à ciel ouvert. Trente-huit galeries françaises et internationales, des maisons de ventes, des lieux de design et des institutions culturelles ouvrent leurs portes. Le tout dans des rues exceptionnellement livrées aux piétons.
Parrain de cette édition, le grand décorateur Jacques Grange nous invite à suivre ses dix coups de cœur, entre chefs-d’œuvre historiques et audaces contemporaines. De quoi passer de Lee Krasner chez Gagosian à Amoako Boafo chez Mariane Ibrahim, de Claude et François-Xavier Lalanne chez Mitterrand aux portraits de Mayoral. Chez Galleria Continua, Hank Willis Thomas interroge la mémoire des images, tandis que Lelong dévoile l’univers de Magnus Plessen. Hélène Bailly Marcilhac inaugure un nouvel espace avec All Eyes on You, et De Jonckheere signe son retour rue du Faubourg Saint-Honoré. Même Jean Dubuffet s’invite à la fête, à la Galerie de la Présidence.
Mais MaSH aime aussi sortir des cadres. Au coin de l’avenue Matignon, Mathieu Forget, alias The Flying Man, défie la gravité dans une performance suspendue entre danse et photographie. Plus loin, Amélie Caussade réveille l’esprit avant-gardiste de Sophie Taeuber-Arp dans une procession de masques et de costumes. Le Centre culturel canadien ouvre exceptionnellement ses portes en soirée, tandis que lectures et projections ponctuent le parcours.
Une nuit pour flâner, pousser les portes, croiser les artistes et regarder autrement. Et découvrir que, derrière ses façades impeccables, Matignon possède un délicieux goût pour l’insolence.