Au Musée des Arts décoratifs, quarante ans se replient en silhouettes : celles du musée des Arts de la Mode réactivé dans ses propres murs. Look ! 40 ans de mode au musée déroule un théâtre discret où le vêtement bascule de l’usage vers l’image, puis vers la mémoire. Tout commence avant le regard : croquis tremblé, patron, échantillon de broderie, matière encore hésitante. Dans les ateliers, les gestes découpent le réel, le tendent, le cousent à une idée. Puis vient le défilé, scène mobile où le tissu devient performance, corps en circulation, apparition brève. La photographie prolonge ce vertige, fixe ce qui était mouvement. Les mannequins deviennent figures presque mythologiques, actrices d’un langage sans parole. Et déjà, le vêtement glisse vers une seconde vie : celle des réserves, des soins, des restaurations, où l’on maintient en suspens ce qui pourrait disparaître. L’exposition suit cette double respiration — création et conservation — comme deux faces d’un même souffle. Entre couture et archive, entre atelier et musée, la mode apparaît comme un organisme vivant, fragile et précis, où chaque pièce est moins un objet qu’un passage.