L’histoire de la photographie et des expositions a familiarisé le spectateur avec les œuvres en série. La sélection pousse le curseur en s’intéressant à des entités plus systématiques, dont le fondement repose sur une intention de reprise. Filant la métaphore musicale, Leitmotive joue de la répétition d’un même motif, de la variation sur un même thème. Planètes, nuages, pierres, vagues, visages, suaires, mais aussi armes, révoltes. D’une chronique des jours jusque dans les sphères du Cosmos, les murs de la galerie résonnent des itérations visuelles des dix artistes conviés dans l’exposition collective de l’année.
Ils s’appellent : AurelK, Anaïs Boudot, Thibault Brunet, Marie Clerel, Guénaëlle de Carbonnières, Philippe Durand, Laurent Lafolie, Laurent Millet, Baptiste Rabichon, Lisa Sartorio.
Parmi eux, Thibault Brunet avec « 3600 secondes de lumière » explore la beauté fugace des nuages dans un jeu vidéo signé. Le photographe crée un cycle virtuel de levers et de couchers de soleil, où des nuages 3D changent de teintes selon l’heure. Avec 60 états lumineux sur 12 heures, l’œuvre transforme l’obsession moderne de capturer le monde en un geste poétique, à la fois dérisoire et magnifique.
Anaïs Boudot avec »Le reste des vagues », propose des photogrammes qui saisissent l’abstraction des vagues autour d’un rocher. Inspirée par la chronophotographie d’Étienne Jules Marey, l’œuvre joue sur des gris changeants et des gouttes argentées, capturant l’inconstance hypnotique de l’écume.
Lisa Sartorio dévoile des paysages de « L’écrit de l’histoire » séduisants de loin, et qui révèlent, de près, le choc des ravages de la guerre. Par une obsession pour les photographies d’armes, elle crée des simulacres de paysages. Oscillant entre photographie et dessin, ces œuvres, comme M14-ebr, racontent moins les conflits que notre présence au monde, invitant à un ré-éveil des esprits. M14-Ebr a récemment clôturé l’exposition « Le trompe-l’œil » au Musée Marmottan Monet.