Formée à la vidéo expérimentale et passée par l’atelier de l’artiste conceptuel John Latham, Laure Prouvost développe depuis plusieurs années une œuvre libre et indisciplinée, tissée d’humour, de poésie et d’associations inattendues. Ici, elle puise son inspiration dans la physique quantique, ce champ scientifique qui décrit un univers gouverné non par la certitude mais par la probabilité, où les particules demeurent liées malgré la distance. Une révolution silencieuse qui bouleverse notre manière de concevoir le réel.
Après deux ans de recherches menées avec le philosophe Tobias Rees et le scientifique Hartmut Neven, et grâce à l’accès à un ordinateur quantique, l’artiste a généré images et sons traversés d’instabilité, de pulsations et d’échos stellaires. Dès l’entrée, un tunnel marque le passage d’un univers nocturne à une clarté presque irréelle. Au centre de la nef s’élève The Beginning, sculpture cinétique monumentale aux allures organiques, dont les mouvements semblent respirer avec l’espace.
Autour d’elle, la vidéo We Felt A Star Dying déploie un flux d’images reliant l’infiniment petit à l’infiniment grand. Les « Cute Bits », inspirés des qubits, flottent sous la verrière comme des météorites facétieuses. Sons spatialisés, odeurs minérales, lumières vibrantes, voix d’enfants : tous les sens sont sollicités. L’exposition devient un champ d’énergie partagé, une expérience immersive où les frontières s’effacent et où l’on éprouve, fugitivement, la sensation d’appartenir à un même souffle cosmique.