Katarzyna Wiesiolek traque ces instants minuscules que l’on regarde à peine et que la mémoire, pourtant, retient. Une lumière, un lieu, un fragment du quotidien saisi sur le vif avec son téléphone. Puis vient le fusain. L’image photographique se trouble, les proportions basculent, les contours s’effacent. Le réel devient souvenir. Dans ses dessins, rien n’est tout à fait précis, rien n’est complètement abstrait. C’est dans cet entre-deux que l’artiste installe son univers, intime et silencieux. Le noir du fusain y devient matière sensible, presque charnelle. Il raconte moins ce qui a été vu que ce qu’il en reste. Une empreinte, une émotion, la nostalgie délicate d’un instant déjà disparu.