Diego Movilla tisse son œuvre comme un fil qui relie les époques : le passé y répond au présent, et de ces frictions naissent des tensions nouvelles, à la fois visuelles et narratives. À l’Annexe, il s’approche des images où le monde se défait—naufrages, catastrophes naturelles, batailles, soulèvements, pour les déplacer, les soumettre à l’épreuve du médium qui les représente. Avec des gestes de glissement, d’effacement, de recouvrement, il trouble la surface et, par là même, le sens : la matière devient un langage. Il offrira notamment des aquatintes à la poudre de pigment, technique née de son propre geste, et réactivera la série de Goya, Los Desastres de la Guerra. Alors, Dos y Tres de Mayo entre en résonance avec d’autres dates marquantes, laissant en suspens une question fragile : qu’est-ce que notre actualité, elle aussi, finira par recouvrir—ou par révéler—pour ceux qui viendront après.