À la Fondation Louis Vuitton, « Calder. Rêver en équilibre » retrace un demi-siècle d’inventions et célèbre celui qui a fait entrer le mouvement au cœur de la sculpture.
La Fondation Louis Vuitton voit grand. Elle consacre l’ensemble de ses espaces — et pour la première fois sa pelouse — à Alexander Calder avec « Calder. Rêver en équilibre ». Une rétrospective magistrale conçue avec la Calder Foundation, rassemblant près de 300 œuvres. Un demi-siècle de création, des années 1920 aux années 1970, se déploie sous les voiles de verre de Frank Gehry, dans un dialogue vibrant entre architecture et mouvement.
Tout commence à Paris. En 1926, Calder s’installe à Montparnasse. Il y invente un cirque miniature fait de fil de fer, de tissu et de poésie brute. Acrobates, clowns, cavaliers prennent vie sous ses doigts. Léger, Mondrian, Miró, Arp assistent aux représentations. Le spectacle est fragile, drôle, expérimental. L’art devient performance. Le geste devient œuvre.
Puis survient la révolution abstraite. En 1932, Duchamp baptise « mobiles » ces sculptures animées par l’air. Calder libère la forme du socle, introduit le temps comme matière. Les œuvres frémissent, oscillent, projettent des ombres instables. Arp nomme « stabiles » leurs contrepoints immobiles. Entre équilibre et gravité, vide et plein, silence et bruissement, Calder invente une grammaire inédite.
Des portraits en fil de fer aux Constellations suspendues, des bijoux ciselés aux géants d’acier installés dans l’espace public, l’artiste change l’échelle de la sculpture. Autour de lui, Picasso, Klee, Mondrian ou Hepworth rappellent l’effervescence des avant-gardes. Ici, l’œuvre ne se contemple pas seulement. Ici, elle respire, elle se traverse, elle engage le corps. Une poésie en mouvement. Une liberté tenue en équilibre.