Paris aimante le monde de l’art. Pour sa cinquième édition, Art Basel Paris réunit au Grand Palais 211 galeries venues de 41 pays. Sous la nouvelle direction de Karim Crippa, la foire place la capitale au cœur de son identité. Soixante-quatre exposants disposent d’un espace en France. Un ancrage qui inscrit ce rendez-vous international dans la vie artistique parisienne.
Sous la verrière, le Grand Palais concentre les regards, les échanges et les désirs d’acquisition. Il est le cœur battant du marché pendant la foire. Gagosian, Hauser & Wirth, David Zwirner, White Cube, Thaddaeus Ropac, Marian Goodman, Esther Schipper ou Galleria Continua. Ces grandes galeries internationales, également installées à Paris, font circuler artistes et collectionneurs entre leurs espaces et leurs stands. Chez White Cube, Calder, Picabia et Baselitz côtoient une Tracey Emin à fleur de peau. Hauser & Wirth fait dialoguer Louise Bourgeois, Jenny Holzer, Camille Henrot et Henry Taylor. Esther Schipper réunit Pierre Huyghe, Ann Veronica Janssens et Anri Sala.
Sur les balcons, Emergence renouvelle les perspectives avec seize présentations personnelles. La galerie parisienne Exo Exo défend Yann Stéphane Bisso, dont les grandes peintures interrogent l’identité et la mémoire postcoloniale. Lo Brutto Stahl présente les sculptures de Clémentine Adou, composées de structures de parapluies démontés et de carton. Avec P21, à Séoul, Haneyl Choi explore un corps livré aux métamorphoses. Chez ROH, à Jakarta, Thảo Nguyên Phan travaille la soie et la laque, entre architecture et mémoire vietnamienne. D’autres imaginaires prennent place au cœur du marché.
Dès le 19 octobre, la Nocturne Matignon Saint-Honoré amorce cette circulation. Trente-huit galeries, internationales et parisiennes, ouvrent leurs portes dans un quartier rendu aux piétons. Parrainée par Jacques Grange, ponctuée de performances de Mathieu Forget et d’Amélie Caussade, la soirée invite à découvrir les expositions au fil des rues.
Si le Grand Palais est au cœur du marché, Art Basel s’ancre dans tout Paris. Son programme public porte les œuvres au contact de la ville. White Cube présente trois bronzes monumentaux de Tracey Emin au Trocadéro. Avec Miu Miu, Alice Diop investit le Palais d’Iéna pour Geste de Consolation. Aux Beaux-Arts, les quarante écrans de Küba, de Kutluğ Ataman, font entendre les voix d’un quartier d’Istanbul. Le Petit Palais accueille Cosima von Bonin. Place Clemenceau, Almine Rech présente le LOVE Wall de Robert Indiana, tandis que les oiseaux de Lionel Sabatté, avec Ceysson & Bénétière, prennent place square Jean Perrin.
L’élan se prolonge dans les galeries, avec Lee Krasner chez Gagosian, Amoako Boafo chez Mariane Ibrahim, Cy Twombly chez Karsten Greve ou Clément Cogitore chez Nathalie Obadia. De la verrière aux cimaises, des places aux institutions, Paris devient un territoire de rencontres. C’est cette continuité entre le marché et l’expérience des œuvres qui donne à la foire sa force. Même en période de crise, l’art est là. Il traverse la ville, résiste, nous relie.