L’Afrique ne se raconte plus au singulier. Elle invente, dérange, réinvente ses héritages et impose ses propres récits.
Pour sa 11e édition, AKAA – Also Known As Africa retrouve les verrières du Carreau du Temple avec une ambition intacte. Faire vibrer la création africaine et ses diasporas au cœur de la Paris Art Week. Sous l’impulsion de Sitor Senghor, la foire réunit une quarantaine de galeries venues de Paris, d’Abidjan, de Rome, de Genève, de Harare ou encore de Mexico. Parmi elles, Magnin-A, Backslash, Les Filles du Calvaire, Galerie Vallois, Primo Marella, Annie Kadji Art Gallery ou encore Loft3 Gallery dessinent une géographie artistique sans frontières.
Cette année, la photographie prend une dimension particulière. Pour son bicentenaire, AKAA inaugure AKAA PHOTO, un espace où les images deviennent des territoires de mémoire, d’identité et de résistance. Angèle Etoundi Essamba, présentée par la Galerie Carole Kvasnevski, célèbre la puissance des femmes noires. Charlotte Brathwaite et Malick Welli, chez Atelier 9 Bangkok, convoquent les mémoires enfouies de l’esclavage dans Forgotten Paradise. Quant au Sénégalais Gabriel Dia, il déploie Mother’s Heritage, une installation monumentale de photographies imprimées sur textile, hommage bouleversant aux gestes de sa mère et à la transmission.
Autre temps fort, La Mémoire des Feuilles, un espace consacré aux œuvres sur papier imaginé par Sitor Senghor, où le dessin retrouve toute sa liberté. Chez Primo Marella, Amani Bodo réinterprète les icônes de l’histoire de l’art occidental. Les dialogues se prolongent avec le musée numérique Micro-Folie, consacré aux collections de Guadeloupe, Martinique et Guyane.
AKAA se vit aussi comme un lieu de rencontres. Tables rondes sur les marchés de l’art africain, projections, conversations autour de l’identité et de la censure, échanges avec les artistes Rachel Malaika et Tania Arancia rythment ces trois journées. Bien plus qu’une foire, AKAA affirme une évidence. L’art africain n’attend plus qu’on lui donne une place. Il la prend, avec une liberté et une vitalité qui redessinent la scène contemporaine internationale.