Barthélémy Toguo, Paris, galerie Lelong. Du 31/03 au 12/05/2016

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L’immense artiste Barthélémy Toguo, témoin de son temps. Entretien dans son atelier parisien.


L’exposition de Barthélémy Toguo au musée de Saint Etienne

http://vimeo.com/66156466

Le dessin contemporain par Barthélémy Toguo au salon Drawing Now 2014

http://vimeo.com/90644466

Barthélémy Toguo jusqu’auboutiste. Barthélémy Toguo engagé. Artistiquement. Politiquement. Intimement. L’artiste Camerounais touche à tout de génie aborde toutes les facettes de la Vie avec tous les médiums mis à sa disposition. Et il en use et en abuse. Pour toujours plus de beauté. Toujours plus d’efficacité. Avec la joie et la souffrance. Avec tous les sentiments éprouvés par l’homme. Ici ça bouge et ça dérange. Ca saigne, pleure, jouit, aime, hurle…  Jusqu’à plus soif. Jusqu’à être dans son temps pour mieux en être le témoin. Et mettre le doigt sur nos plus profondes contradictions, notre histoire, nos conflits, nos luttes, nos problèmes d’aujourd’hui qui anéantissent la planète et sa nature. Avec son œuvre et son engagement, Barthélémy Toguo emporte sur les chemins du questionnement et de l’interrogation grâce à l’innommable Beauté.

Barthélémy Toguo, "Alive in a box", courtesy Galerie lelong Paris.

Barthélémy Toguo, « Alive in a box », courtesy Galerie lelong Paris.

Traduction en chinois, ouvretesyeux

歌特雷米.多哥,一位来自喀麦隆的艺术家,他用知识分子的良知,艺术家的匠心,运用一切可以被利用的材料加上独特的艺术语言,记录,诠释着我们的世界,这一段历史。

观赏他的作品,您能强烈而自然的感受到他铁肩下的担当。他记录着,用他的画笔呈现自然的枯荣,地球的沧桑,人们的喜怒哀乐…..那汩汩流淌的鲜血,悲伤的泪水,愤怒的呐喊,以及那些心花怒放时人们绽放的笑容,令人陶醉的爱恋……还有,还有人类 ‘回赠’ 给大自然的咄咄的伤痕,万物的母亲——地球的伤悲。凡此种种,都纷繁的呈现在观者的面前,时而让人感动,时而令人羞愧!!

 歌特雷米.多哥很多作品里都流溢着一种言喻不清的美,可更多的,却表述着艺术家的深刻洞见。一笔一触都似呐喊,却又像无言的棒喝,警醒着人们:不仅人类-我们-应该相爱,地球也应该得到我们全心全意的保护与爱!!

Traduction en anglais

Toguo diehard. Toguo engaged. Artistically. Politically. Intimately. The Cameroonian artist touches everything from engineering addresses all facets of life with all mediums made available. And he uses and abuses. For even more beauty. Increasing efficiency. With joy and suffering. With all felt human feelings. Here it moves and it bothers. It bleeds, cries, enjoys, like, screaming … So thirsty. To be in its best time to be a witness. And pinpoint our deepest contradictions, our history, our conflicts, our struggles, our present problems that destroy the planet and nature. With his work and his commitment Toguo outweighs the paths of questioning and interrogation by the unspeakable beauty.


Interview de Barthélémy Toguo par Anne Kerner pour le Salon Drawing Now Paris 2011 au sujet du dessin.

Anne Kerner : Que montrez comme œuvre à Drawing Now Paris ?

Barthélémy Toguo : J’ai créé pour la première fois un dessin de très grand format d’110 centimètres par 18mètres. Je suis allé le réaliser à Pointe Noire au Congo pour une exposition sur le « Jugement Dernier » au  Centre Culturel Français. Dans ce dessin,  j’essaie de montrer comment l’homme, tout au long de sa vie,  va traverser des périodes difficiles jusqu’au « Jugement Dernier ». C’est un dessin dans lequel l’Homme souffre et cherche à se libérer car il est face à son  propre questionnement et fait le bilan de son existence. L’histoire se termine par l’Homme affaiblit, amorphe au sol, étalé sur une surface de carreaux en faïences. Anéanti face à la mort

A.K. : C’est un sujet plutôt sombre….

B.T. : C’est un sujet de la Bible que les artistes ont travaillé depuis des siècles. Ce dessin n’est donc pas juste une illustration de la souffrance. Il raconte, selon la Bible, que nous avons tous une existence sur terre mais que nous avons des comptes à rendre.  Mais ici, je traite le « Jugement Dernier » dans une dimension plus contemporaine.

toguo aquarelle

A.K. : De quelle manière ?

B.T. : Je ne traite pas seulement de la difficulté et de la douleur de l’Homme comme l’ont fait beaucoup d’artistes de l’époque classique qui ont représenté le « Jugement Dernier » par la présence du feu. De mon côté, je donne de l’espoir grâce à l’intervention de la Nature.  Notamment avec un grand arbre qui traverse tout le dessin. Des branches naissent des présences humaines, des têtes. L’arbre symbolise donc la présence de la Vie.

Mais tout de même, l’Homme, dans mon dessin, finit plaqué au sol. Car je désire que le spectateur se questionne sur son attitude sur terre et qu’il sache que quelque chose de peut-être douloureux l’attend après la mort. C’est dans ce but que je termine mon œuvre ainsi : pour que l’Homme se ressaisisse face à toutes les actions négatives faites à la planète. Aujourd’hui, nous vivons le tsunami, nous subissons le changement climatique, nous vivons encore sous des dictatures, nous vivons des guerres et les dérives extrémistes…  D’après ce que dit la Bible, nous serons tous jugés.

C’est un des nombreux versets de la bible qui a nourri ma réflexion et que je désirai peindre. Mais cela ne veut pas dire que mon travail n’est que l’expression de la souffrance et de la douleur. Au contraire, mon œuvre est très diverse et polyvalente et aborde les différentes facettes de notre vie.

A.K. : Comment s’inscrit le dessin par rapport à votre travail, vos installations, vos vidéos, etc… ?

B.T. : Le dessin est une pratique sincère dans laquelle on ne peut pas mentir. Il existe une intimité avec le dessin. Il y a un corps à corps avec l’outil en main qui se confronte au papier. Lorsque  je dessine, je parle. Cela se rapproche de la première parole d’une enfant à qui vous donnez un crayon et une feuille blanche. Vous voyez juste les mouvements des traits mais vous pouvez déjà juger du caractère de l’enfant. C’est une parole, un jet de parole. J’aime la communication, le rapprochement. Parfois quand la surface est grande, on peut se retrouver comme dans un combat de boxe car je veux occuper et remplir cette surface vierge. Il y a une lutte entre moi et le papier. On ne trouve pas ces sensations dans d’autres pratiques.  Si par contre le dessin est plus petit, je développe un coté plus intime. Je suis dans un autre élan.  Les rapports changent.

J’aime partir du petit format pour aller vers un grand format. Mais plus les formats varient,  plus le mode d’accrochage du dessin change. Plus le dessin est petit, plus je peux rentrer dans un accrochage classique. Plus le dessin s’élargit, plus je dois trouver un autre type d’accrochage. Pour le salon du dessin, cette année, j’ai choisi un format qui nécessite un autre genre d’accrochage qui est carrément une installation avec un seul dessin ! Le spectateur va le parcourir de bout en bout et avoir l’impression de faire  partie intégrante de cette installation. Du coup on est là dans une autre dimension, nouvelle et contemporaine du dessin. Nous sommes dans un déploiement gigantesque et monumental, comme un film déroulé sur une longue distance avec des histoires que le spectateur lit sur le parcours. Le visiteur  a l’impression de faire partie intégrante du dessin car l’échelle est parfois même plus grande que l’être humain… Et je trouve qu’apporter ce rapport dans le dessin contemporain est très important. Il rehausse ce medium et le place dan son temps. (Texte réalisé pour le Salon du Dessin contemporain Drawing Now Paris en mars 2011).

A.K. : Comment pratiquez vous l’aquarelle ?

B.T. : Je travaille différemment le dessin, parfois avec de l’encre, du pastel, du crayon papier ou de la couleur, du stylo à bille. Mais j’utilise régulièrement l’aquarelle. Et ce travail du « Jugement dernier » a été fait avec ce médium. Les formes naissent avec le pinceau imbibé d’eau directement. Puis je reviens sur mon travail comme sur une table de mixage avec les doigts, avec les pinceaux pour donner les formes et les volumes à des endroits précis. J’ai l’impression quand je peins avec mes doigts de « cajoler », de palper quelque chose de sensible et lisse, de caresser délicatement et tendrement un corps humain.  C’est comme un modelage, pas avec de la terre glaise mais avec de l’eau. Ce mixage manuel, particulièrement dans ce dessin, commence avec une scène, se prolonge avec une autre, continue, marque un point d’arrêt, jusqu’à la fin. C’est un film déployé sur une longueur. C’est un dessin qui a une histoire que chacun peut composer sur le parcours ou suivre. On y trouve  parfois des petits clins d’œil à notre environnement, à un objet du quotidien comme cette grand casserole que l’on peut reconnaître ou des foyers en pierre qui renvoient aux pays d’Afrique. Bien sûr, le spectateur reconnaît l’arbre et les personnages. J’ai réalisé ce dessin avec l’idée d’un film avec des scénari. C’est  à la fois proche de l’installation et de la vidéo…

A.K. : Pouvez-vous parler de votre travail en général ?

B.T. : Effectivement, il ne faut pas résumer mon travail à ce « Jugement Dernier ». Mon oeuvre est vaste. J’aime également montrer  l’exaltation du plaisir, de l’orgasme, la beauté, la  laideur, la sexualité, la guerre, la souffrance, la nature… J’aime bien mélanger tout cela dans mon travail. Le philosophe Emmanuel Kant dit que « l’art n’est à mes yeux  pas une réjouissance solitaire,  il est un moyen d’émouvoir le plus grand nombre d’hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies ».  Comment pourrais-je ne peindre que la joie alors que d’autres hommes souffrent ? La Vie avec tous ses ressentis est célébrée dans l’ensemble de mon travail.

A.K. : C’est un message que vous voulez partager ?

B.T. : Je veux montrer que la vie doit être belle malgré tout.

Je regarde beaucoup la télévision, je lis beaucoup les journaux, j’écoute la radio, même s’il y a de l’intox dans l’information aujourd’hui, cela nourrit mon travail. Il faut simplement faire la part des choses. Que diront les générations à venir par rapport à ce qui s’est passé comme à Auschwitz, Tchernobyl, etc… ?  Est ce que les artistes de notre époque ont transcrit la mémoire de tous ces évènements ?  C’est pourquoi l’artiste doit s’inspirer de son temps et travailler avec son temps,  pour être au cœur de l’Histoire. Les artistes de la période classique avaient peint la peste à Florence, Francisco de Goya a peint le désastre, Picasso a peint Guernica…c’est une manière de marquer l’Histoire. Pour moi, c’est ce qui compte le plus dans mon travail. Etre avec mon temps et ce qui englobe mon temps.

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A.K. : Vous êtes donc un artiste politiquement engagé ?

B.T. : C’est une expression qui me plaît car tout acte artistique est déjà politique. En lisant Kant, j’ai compris que j’avais un rôle et un devoir. C’est pour cela que je suis parti du Cameroun pour aller vers le monde et faire de l’art. Et faire un art qui parle des envies, des espoirs et des rêves des gens. Pas un art qui se regarde le nombril. Mais un art qui regarde autour de moi et loin de moi. Quand en 2004, je suis parti tout seul en Serbie et dans les enclaves de Pristina et Mitrovica, j’ai donné la parole aux gens qui avaient envie de dire des choses par rapport à leur situation désespérée … Je crois que c’est une manière généreuse de faire de l’art. Je suis allé à Saint Denis, en 2005, donner la parole, sur des cartes postales illustrées,  aux jeunes des banlieues en France qui n’ont pas l’occasion de s’exprimer et qui ont un sentiment de rejet. Je crois de plus en plus que l’artiste doit même partir de l’atelier pour aller vers le monde. Je reviens de la place Tahrir où des jeunes d’aujourd’hui étaient excédés par la dictature et se sont exprimés. Au même moment, je donne aussi mon énergie à des projets artistiques culturels et agricoles dans des territoires, des villages ou des lieux, où l’occasion n’est pas donnée aux gens de faire de l’art ou même de manger.  Mon rôle est d’être actif surtout.  En créant encore un Centre d’art contemporain au Cameroun. Tout cela permet de donner aux gens une ouverture de l’esprit.  L’art prend ainsi totalement son rôle.

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Barthélémy Toguo, Paris, galerie Lelong, 13, rue de Téhéran, 75008 Paris. Du 31/03 au 12/05/2016, 

Trio, Galerie Lelong, 13, rue de Téhéran, 75008 Paris. Du 11 septembre au 11 octobre.

« Hidden Faces », galerie Lelong, 13, rue de Téhéran. Tél. : 01 45 63 13 19. Du 07/03 au 04/05/13. « Talking to the Moon », Musée d’art moderne de Saint Etienne, jusqu’au 26/05/13. « Print Shock », Gravelines,  du 18/05 au 29/09/13.

Barthélémy Toguo, « Egarements », Domaine départemental du château d’Avignon, en Camargue. Du 15/06 au 15/10/13. 
www.chateaudavignon.fr

« Galopec », Espace culturelle MARC JACQUET , Barthélémy Toguo/ Marie Laure Viebel. Du 25/05 au 22/09/13. http://www.barbizon.fr/. Texte de présentation de Barthélémy Toguo, Anne Kerner.

www.barthelemytoguo.com

Images Ouvretesyeux prises à la galerie Lelong Paris et au Musée d’art moderne de Saint-Etienne Métropole, 2013, courtesy de l’artiste et copyright galerie Lelong. 
 
Traduction en chinois par Nancy He Chiarelli

A.K (Anne Kerner):请谈谈您在 Dawing now Paris 展览.

B.T (Barthélemy Toguo): 这是我第一次有一幅110厘米乘18米的作品,此画是我在刚果的 ‘黑角’ 为法国文化中心举办的一个主题为“最后的审判” 而作的。在这幅画里,我试着诠释一个人一生的故事。他怎样度过一生,在艰难困苦中怎样面对。画中传递着一个强烈的信息,即‘最后的审判’等待着我们,在人生的旅途终了的时候。故而,我们必须种下善因,才能在最后的审判时,得到个善果。

A.K:  这是一个沉重而忧郁的主题…

B.T : 这是一个又一个世纪以来艺术家们乐此不疲的用不同的艺术语言不停诠释的主题。我不仅是用图画呈现一目了然的,人所承受的苦痛。同时我也试着转述 圣经明白无误的告诉我们的信息,即“最后的审判” 等着我们,在人生的旅途终了的时候。所谓善恶终有报。 不过,我是用一种当代的艺术语言,讲述古老的圣经传递的信息。

A.K: 您怎样表述…

B. T : 我虽然也表达了人类的苦难,悲伤,但与传统的艺术家的手法不一样的是,在我的“最后的审判”里并没有炙烈燃烧的地狱之火。与之相对的,在我的作品里,有一颗挺拔的大树,并且有很多新的树枝伸展出来,它象征着人类,您能看到,上面有一颗颗头颅,…..      但最终我画中的这个男主角依然是无奈,无助,无力的瘫软,匍匐于地,等待被审判。因为我想以此警醒观者,生命不是无尽的,而生命的结束也远不是一了百了。就在当下,在我们还有生命之时,应该谨慎,认真对待此生,种下善因。一切的因,都会结果,善过或恶果,取决于我们自己。即使现在,放眼天下,多少的天灾,海啸,地震。天气反复无常,气候捉摸不定,一切种种,都是人类的自作自受。

圣经的经文滋养着我,丰富了我的思想,并让我渴望着拿起画笔把思想表达出来。但我并不是只呈现苦难,悲伤,就像人们可以在我的画中看到的,我灵活地用我的艺术语言,呈现出多面性。并想引发观者的思考。

A.K: 绘画在您的装置艺术与摄像艺术中起到什么作用?

B.T :  绘画是坦诚的,它就是画家的思想的再现,我们能透过画家的作品了解一个画家。正如一个还不能完整的用语言表达思想的孩子,您若给他一张纸,一支笔,然后您就能从他的一笔一画里看出他的性格。绘画就是一种语言,我喜欢用这种方式来交流。有时,当纸张或画布较大时,我感觉就像一场拳击比赛,我与画布或纸张抗争,想占有,填满每一寸表面。在绘画以外,我找不到这种感觉。所以,我说,画家与纸张的关系非常亲密。

我的画总是从小 尺寸向大拓展。 但格式越是多样,悬挂的方式就越纷繁。小尺寸的画,我喜欢用传统的方式悬挂,画越大,就越得花费心思去布置。我为今年的展览创作了一幅足可占据整个展厅的画。观者得从一端走到另一端才能观赏整幅画,在这个过程中,他们也就成了我的作品的一部分。这是一种新的,当代的创作方式。

A.K:    您总是用水彩作画?

B .T:   不,我用不同的材料画画。墨汁,蜡笔,铅笔或圆珠笔不一而足。但,我最常用的还是水彩。“最后的审判”  就是用水彩画成的。最初的形状是直接用刷子沾满水,然后我开始用手绘画,当然我时不时也需要用刷子帮忙,在一些需要饱满感的地方。当手指直接绘画时,触感极其细腻光滑,极其轻柔.就像在纸面上温柔地抚摸着手腕下的人体。就像是塑陶,可不是用光滑的泥土,而是用水。这是一种时而用手,时而用刷的绘画方法,特别是在这幅画里,从一个场景到另一个的连续,只有一个断点,直到结束。像一部不断延展的影片……

A.K:   您是否可以谈谈您的日常工作?

B. T:   当然,“最后的审判” 并不是我唯一的作品。 我有很多不同的作品。 我也喜欢创作一些表现快乐,兴奋,性,战争,苦难,美,丑,愁等等不同主题的作品。哲学家康德说  ‘ 在我的眼里,艺术不是独自陶醉,它是一种可以用来表现最大多数人的欢乐与悲伤的图像’         我怎么可以在画中只表现欢乐,当这个世界还有那么多承受苦难的人。 能在属于我的工作里表现生命里,生活中所有的情感,是对我的恩赐 

A .K : 这是您想分享的信息吗?

B .T  :我想让人们看到,生活是美好的,尽管有那么多不如意。

我利用各种媒体获得资讯,尽管如今媒体里充斥着很多虚假的信息。了解各种资讯,不与社会脱节,让自己丰富。再在我的创作里把这个时代记录下来。这是当代艺术家的使命。活在历史的中心里,再把它转述给后代,用艺术的方式。

A . K  : 所以您是一位不与政治脱钩的艺术家?

B . T  : 对,政治是我关心的。艺术家们都在用艺术上的作为来参与政治。阅读康德,使我明白,我有这份责任和使命。这是为什么我离开喀麦隆,来到大世界,并且进行艺术创作。并用我的艺术讲述人们的希望,欲望与梦想。一种关注周围,关注世界,人类及自然,而非自己的艺术。   2004年,我独自去到塞尔维亚,普里什蒂纳及米特罗维察,我希望去倾听,让那些无望的人们讲述…然后,我再用艺术的形式转述出来。我觉得,艺术创作应该是高尚而慷慨的。      在2005年,我去到圣丹尼斯,一样是去倾听,在法国的郊区,在那些感觉被排斥的年轻人中。然后,用明信片把他们想表达的画出来。    我相信,未来,会用越来越多的艺术家会离开他们的离群索居的画室,到人群中去。                             我刚从塔利尔广场回来不久,那里的青年们对专制已忍无可忍,他们有很多话要说….. 同时我也去田庄,地头,到农民中去,给他们了解艺术的机会。  而另一份责任与担当是尽快在喀麦隆再创办一个现代艺术中心,我期望,因此让人们的思想与眼界更开阔,这是艺术可以扮演的角色。        Nancy Chiarelli   .何璀璨.

 
Traduction en anglais
 

A.K(Anne Kerner ): What works to show as Drawing Now Paris ?

B.T(Bartélemy Toguo) : I created for the first time drawing a large format of 110 centimeters by 18 meters . I went to perform in Pointe Noire in Congo for an exhibition on the  » Last Judgment  » in the French Cultural Centre . In this drawing , I try to show how the man throughout his life, going through difficult times to the  » Last Judgment . » This is a drawing in which the man suffers and seeks release because it is against his own questioning and takes stock of his life. The story ends with the man weak, amorphous ground , spread over an area of tiles tiles. Wiped the face of death. 

A.K. : This is a rather dark subject ….

BT: It’s about the Bible that artists have worked for centuries. This drawing is not just an illustration of suffering. He says, according to the Bible , we all existence on earth, but we are accountable . But here, I treat the  » Last Judgment  » in a more contemporary dimension.

A.K. : In what way?

BT: I do not only deal with the difficulty and pain of man as did many artists of the classical period , which represented the  » Last Judgment  » by the presence of fire . For my part , I give hope thanks to the intervention of Nature. Especially with a large tree that crosses the whole design . Branches arise from human presence , heads . The tree symbolizes the presence of life.

But still , man , in my drawing, eventually wrestled to the ground . Because I want the viewer to wonder about his attitude on earth and he knows that something may be painful awaits after death. It is for this reason that I finish my work well : for that man to act together to face all the negative deeds done to the planet. Today, we live in the tsunami, we are experiencing climate change, we are still living under dictatorships , wars we live and extremist excesses … From what the Bible says , we will all be judged .

This is one of many verses in the Bible that nourished my thinking , and I longed to paint. But that does not mean that my work is only the expression of suffering and pain . Instead, my work is very diverse and versatile and discusses the different facets of our lives .

AK: How do I register the design in relation to your work, installations , videos, etc … ?

BT: The drawing is a sincere practice in which one can not lie . There is an intimacy with drawing. There is a melee with the tool in hand confronts the paper. When I draw, I mean. This is similar to the first word of a child to whom you give a pencil and a blank sheet . You just see the movements of traits but you can already judge the character of the child . It is a word , a stream of speech . I love communication , reconciliation . Sometimes when the surface is large, we can end up like a boxing match because I want to occupy and fill the blank surface. There is a fight between me and the paper. We do not find these sensations in other practices. If, against the drawing is smaller , I develop a more intimate side. I ‘m in another momentum. Reports change.

I love from the small screen to go to a larger size . But more formats vary , plus snap mode design changes. More drawing is smaller, I can go into a traditional hanging . More drawing expands , the more I have to find another type of collision. For living room design , this year , I chose a format that requires a different kind of attachment that is squarely an installation with a single design ! The audience is going to go from end to end and feel an integral part of this installation. So we there is another dimension , a new and contemporary design . We are in a huge and monumental deployment as a place over a long distance with stories that the viewer reads on the course film. The visitor feel like an integral part of the design because the scale is even greater than the human being … And I think that bringing this report in the contemporary design is very important. It enhances the medium and places dan time . (Text done for Contemporary Drawing Fair Drawing Now Paris in March 2011).

A.K. : How do you practice watercolor ?

BT: I work differently drawing, sometimes with ink , pastel, pencil or paper color, ballpoint pen. But I regularly use watercolor. And this work of the  » Last Judgment  » was made with this medium. Forms are born with the brush dipped in water directly . Then I return to my work as a mixer with the fingers with brushes to give the shapes and volumes at specific locations . I feel when I paint with my fingers  » cuddle  » to feel something delicate and smooth, gently and tenderly caress a human body. It’s like a massage , not with clay , but with water . This manual mixing, particularly in the drawing starts with a scene continues with another , still marks a breakpoint until the end . It is deployed along a length film. It is a design that has a history that everyone can compose on the course or track . Sometimes there small nods to our environment, an everyday object like this large pan that can be recognized or stone fireplaces that refer to African countries. Of course , the viewer recognizes the tree and characters. I made this drawing with the idea of a movie storylines . It is close to both the installation and video …

AK: Can you talk about your work in general ?

BT : Yes , do not summarize my work at the  » Last Judgment . » My work is vast. I also like to show the excitement of pleasure , orgasm , beauty, ugliness, sexuality, war, suffering , nature … I like to mix it all in my work. The philosopher Immanuel Kant said that « art is to me not a solitary joy , it is a way to move the largest number of men by offering them a privileged image of the sufferings and joys . » How could I paint only joy while other men suffer ? Life with all its feelings is celebrated throughout my work.

AK: This is a message that you want to share ?

BT: I want to show that life should be beautiful anyway.

I watch a lot of television, I read many newspapers, listen to the radio , even if there is disinformation in the information today, it feeds my work. You just make sense of things. What will future generations compared to what happened as Auschwitz , Chernobyl, etc … ? Is that artists of our time have transcribed the memory of all these events? That is why the artist must draw on his time and work with his time, to be at the heart of history . The artists of the classical period had painted the plague in Florence , Francisco de Goya painted the disaster , Picasso painted Guernica … it’s a way of marking history. For me, this is what matters most in my work. Being with my time and that includes my time.

AK : So you’re a politically committed artist ?

BT: It’s a phrase that I like because all artistic act is already policy. Reading Kant, I realized that I had a role and a duty. This is why I left the Cameroon to go into the world and make art . And making art that speaks desires, hopes and dreams of people. Not an art navel gazing . But an art which look around me and away from me. When in 2004, I am left alone in Serbia and the enclaves of Pristina and Mitrovica , I gave voice to people who want to say things about their plight … I think this is a way generous to art . I went to Saint Denis in 2005 , to speak, on picture postcards , young neighborhoods in France who do not have the opportunity to express themselves and have a sense of rejection. I believe more and more that the artist must even from the studio to go to the world . I return to Tahrir Square today’s youth were angered by the dictatorship and have spoken. At the same time , I also give my energy to artistic and cultural projects in agricultural areas , villages or places where the opportunity is not given to people to make art or even eat . My role is to be especially active . Still creating a contemporary art center in Cameroon. All this helps to give people an opening of the mind. Art and totally takes his role.

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